Le poisson, une source riche en protéines pour nourrir la planète

La plupart des messages que je reçois sont généralement des questions qui suscitent la réflexion, en particulier autour de l’impact global et des avantages environnementaux de la culture aquaponique.

Une question qui revient constamment est de savoir si on l’aquaponie est vraiment une alternative pour nourrir le monde et mon affirmation est de dire que les poissons sont la source la plus « efficace » de protéine animale disponible pour nous.C’est encore un bon point pour l’aquaponie.

truite-aquaponieQu’est-ce que je veux dire par là ? Si vous considérez hypothétiquement un grain de maïs comme une unité complète de nourriture, alors il faut beaucoup moins de grains de maïs pour faire 500 grammes de poisson que 500 grammes de viande. Nous sommes de plus en plus limités dans le nombre d’unités de nourriture que nous pouvons produire sur notre planète pour nourrir notre population sans cesse croissante. La solution la plus efficace serait de les utiliser dans l’alimentation des poissons, et, dans ce scénario, le moins efficace serait de nourrir le bétail. Et encore je ne parle pas des insectes mais ça c’est une autre histoire.

Pourquoi les poissons grandissent plus vite que les animaux?

Il y a deux raisons pour lesquelles les poissons convertissent leur alimentation en chair si facilement.

Source Wikipédia

Homéothermie poïkilotherme (Wikipedia)

La première raison est que les animaux poïkilothermes (ou à « sang froid » ou pœcilotherme1) sont des animaux ayant une température corporelle qui varie avec celle de leur milieu. Par cette caractéristique, ils diffèrent et s’opposent aux homéothermes qui ont une température interne relativement stable. Ils ne sont pas à confondre avec les hétérothermes qui sont des homéothermes dont la température corporelle habituellement stable varie dans certains cas (les animaux qui hibernent, les nourrissons dont la température corporelle n’est pas encore stable, etc.)

La plupart des organismes poïkilothermes (qui ne contrôlent pas leur température corporelle) sont également ectothermes (c’est-à-dire que leur chaleur corporelle provient de l’extérieur). Il existe toutefois des cas particuliers et il est nécessaire de rappeler que poïkilotherme et ectotherme ne sont pas synonymes. Par exemple, certains poissons des mer sont ectothermes (incapable d’utiliser leur énergie cellulaire pour augmenter leur température corporelle) mais ne sont pas poïkilothermes car la température de l’eau dans laquelle ils se trouvent ne varie jamais.


La deuxième raison
pour laquelle les poissons sont si efficaces est parce qu’ils flottent paresseusement dans l’eau toute la journée. Pensez à combien d’énergie vous avez dépensé la dernière fois que vous avez flotté dans une piscine. Sauf si vous jouiez au Water Polo avec les enfants, vous avez probablement utilisé plus d’énergie lors de votre promenade autour de la piscine que vous en avez utilisé dans l’eau. Une de mes explications préférées vient du livre « Just Food » par James McWilliams (p 155) :

« La capacité à flotter sans effort nie la nécessité d’entreprendre des énergies monopolisant certains efforts comme la position debout, la marche et la course. Toutes ces formes de mobilité sont les puits intérieurs de l’énergie pour les créatures terrestres, mais pas pour les poissons. Un poisson est écologiquement aiguisé pour traduire la majorité de son apport calorique en chair ample qui est comestible, habituellement savoureuse, riche en protéines et en huile saine pour le cœur. Cette traduction simplifiée a le potentiel d’améliorer l’environnement tout en générant plus de protéines avec moins de ressources. Si elle est gérée de manière efficace par les humains. »

Alors la prochaine fois que vous serez debout dans votre épicerie ou dans un commerce hésitant entre viande et poisson pour le dîner, jetez un œil dans l’allée des produits frais et imaginez les 5 kilos de maïs qui ont été nécessaires pour produire ce kilo de viande hachée. Ca fait beaucoup de maïs (sans parler de l’eau…)!

L’aquaponie, pour conclure, fait partie des alternatives de culture et d’élevage du futur. Sans parler du fait qu’elle permet de nombreuses économies d’eau (95%). Imaginez des systèmes aquaponiques partout dans le monde qui permettraient de nourrir toute la planète sans problème.




3 commentaires pour “Le poisson, une source riche en protéines pour nourrir la planète”

  1. Bonjour, ma femme et moi avons installé un kit aquaponique fait maison et cela nous permet de nourrir (presque) toute la famille. Les petits adorent voir les poissons et se sont initiés à la plantation. Pour votre article, le poisson nous apporte beaucoup de proteines et ca c’est génial car c’est de l’ultra frais !
  2. Je me suis laissé rêver en lisant votre article et j’ai décroché sur la métaphore de la flottaison dans la piscine… flotter dans l’eau comme le poisson et ne rien faire… On pourrait expérimenter l’aquaponie avec des humains? je viens bien servir de cobaye 🙂
  3. ahahah ça fonctionne pareil avec les déjections humaines mais c’est moins ludique 🙂

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