Cultiver l’azolla caroliana en aquaponie

Après avoir découvert les joies de l’auto-production d’une grande partie de la nourriture de mes tilapias grâce à la lentille d’eau, j’ai voulu aller plus loin et c’est alors que j’ai découvert l’existence de cette petite fougère d’eau nommée Azolla.

L’azolla est une plante elle aussi miraculeuse qui a une forte capacité de multiplication mais qui a aussi la capacité de fixer l’azote de l’air. Elle est très riche en protéines et sa digestion par les poissons est parfaite.

Sa culture n’est pas très compliquée à condition de respecter quelques règles. Voici un article sur comment cultiver l’azolla chez soi.

photo d'azolla en aquaponie
Culture d’azolla en aquaponie.

Comment cultiver l’azolla chez soi?

Ne trouvant que peu d’informations quant à la culture d’azolla, j’ai parcouru de nombreux rapports scientifiques qui parlaient de la culture d’azolla dans le but nourrir le bétail ou fertiliser les sols pauvres. Parmi toutes les méthodes, l’une d’elle apparaît comme la plus facile et la plus efficace, je vais vous résumer cette méthode.

Cette méthode de culture étant destinée aux éleveurs, vous aurez besoin d’excréments de bovins. Si vous n’en avez pas vous pourrez remplacer par de l’urine ou bien des bouses ou crottins ramassés par ci ou par par là en prairie.

L’idée est d’utiliser ces excréments pour produire de la nourriture pour ces mêmes bêtes, créant ainsi un cycle.

Sachez que l’azolla, malgré ses origines, n’aime pas l’eau trop chaude, ni le plein soleil.

Pour commencer, vous allez devoir créer une mare peu profonde (20cm environ). Dans le cas de cette méthode, ils utilisent des mares de 2 x 2 x 0,2 m qu’ils placent sous des arbres pour que l’exposition au soleil ne soit pas trop importante. Si vous ne voulez pas vous embêter et que vous voulez que votre système de culture d’azolla soit mobile, je vous conseille d’utiliser un ou deux bacs de 200L vendus sur la boutique : Bac 200L FishPlant.

Une fois votre mare ou bassin créé, vous allez devoir amener assez de matière pour fertiliser vos petites fougères magiques. Dans la méthode dont je m’inspire, ils utilisent les dosages suivants :

  • Environ 10 à 15 kg de sol fertile tamisé qu’il faudra déposer uniformément au fond de votre mare ou bassin de culture.
  • 2 kg de bouse de vache et de 100 grammes de guano marin mélangés dans 10 litres d’eau (dans la méthode ils utilisent 30 grammes de SuperPhophate qui est un engrais sulfaté composé à environ 45% de phosphate. Nous le remplaçons ici par du guano, plus naturel et facile à trouver dans nos contrées).

Si vous n’avez pas ces ingrédients, ne vous inquiétez pas, vous pourrez tout simplement vous contenter d’ajouter un peu de terre au fond de la mare et de la remplir avec de l’eau de votre système aquaponique qui est déjà riche en nutriments.

Maintenant que votre bac est fertilisé, vous allez ajouter de l’eau pour avoir 10 centimètres d’eau et ajouter environ 0,5 à 1 kg de culture fraîche et pure d’Azolla.

A partir de cet instant, comptez 10 à 15 jours et vous pourrez récolter quotidiennement 500 à 600 grammes d’Azolla dans votre mare.

Pour maintenir une production optimale de 500 à 600 grammes par jour dans la durée, il est conseillé d’ajouter un mélange de 20 grammes de super phosphate et d’environ 1 kg de bouse de vache tous les 5 jours. Si vous n’avez là aussi pas ces matières à disposition, vous pourrez ajouter de l’eau d’aquaponie ou vous contenter d’ajouter du guano marin.

Un mélange de micronutriments contenant du magnésium, du fer, du cuivre et du soufre peut également être ajouté une fois par semaine pour augmenter la teneur en minéraux de votre azolla. Vous pouvez également ajouter de l’urine ou des décoctions.

Crédit photo : Alan Cressler

Il est important de maintenir l’azolla en phase de croissance à multiplication rapide avec un temps de doublement minimum. Par conséquent, la biomasse (environ 200 g par mètre carré) doit être retirée tous les jours ou tous les deux jours pour éviter le surpeuplement. •

L’application périodique de boue de vache, de superphosphate et d’autres macro et oligo-éléments, à l’exception de l’azote, permettra à la fougère de se multiplier rapidement.

La température de l’eau doit être maintenue en dessous de 25° C. Si la température augmente, l’intensité de la lumière doit être réduite en fournissant de l’ombre. Si possible, il est préférable de placer le système de culture d’azolla à l’ombren ou mi-ombre.

Le pH doit être testé périodiquement et maintenu entre 5,5 et 7.

Environ 5 kg de sol en couche doivent être remplacés par du sol frais, une fois tous les 30 jours, afin d’éviter l’accumulation d’azote et de prévenir les carences en oligoéléments. Il faut également remplacer 25 à 30% de l’eau par de l’eau fraîche, une fois tous les 10 jours, afin d’éviter l’accumulation d’azote dans le lit.

Le lit doit être nettoyé, l’eau et la terre remplacées et le bassin doit doit être inoculé d’un nouvel azolla une fois tous les six mois. Un lit frais doit être préparé et ensemencé avec une culture pure d’azolla, lorsqu’il est contaminé par des parasites ou des maladies il faut renouveler complètement l’eau du bassin de culture ainsi que l’azolla présente.

Ma méthode simple pour cultiver l’azolla

Vous savez que j’ai peu de temps et il m’était impossible de suivre à la lettre le procédé de la méthode décrite au dessus, c’est pourquoi j’ai simplifié les choses en couplant un bac rempli d’azolla à mon système d’évacuation des boues de filtration. Lorsque je nettoie mes filtres, l’eau sale sort par un tuyau qui va directement remplir mon bac rempli d’azolla. Si je vois que ça pousse un peu lentement, j’ajoute un peu d’urine vieillie et du thé de lombric. Pour renouveler l’eau je l’évacue manuellement à l’arrosoir et arrose mes plantes d’intérieur avec.

A noter que j’ai ajouté un petit bulleur, très très doux pour créer un léger remous dans l’eau. Attention à ne pas prendre un bulleur trop puissant, l’azolla aime les eaux calmes.

Cette méthode est moins productive certes, mais elle a le mérite de me prendre moins de 10 minutes par semaine…

J’espère que cet article vous a plu et je vous invite à l’enrichir en commentant et en racontant comment vous cultivez l’azolla chez vous.

A bientôt et bonnes cultures à vous,

Pierre H.

Pour visualiser l’étude complète sur l’azolla :
Kamalasanana Pillai, P, S. Premalatha, S. & Rajamony, S. 2001. Azolla – a sustainable feed substitute for livestock. LEISA India, Volume 4 number 1, March 2002.

Un site web qui recense toute les infos utiles sur l’azolla : theazollafoundation.org

Tipeee Aquaponie

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