Les beaux jours reviennent, bilan de cet hiver!

Salut les aquaponistes!

Ça faisait un bail que je n’avais pas rédigé un article sur le site! La faute à l’explosion de vos demandes et à un cruel manque de temps.
Je suis sollicité un peu partout en France sur des projets d’aquaponie et même si c’est ce que je souhaitais au début, je ne pensais pas que ça prendrait une telle ampleur.

Je profite donc d’un peu de répit avant le printemps pour vous raconter comment s’est passé l’hiver dans le jardin, dans la serre aquaponique et dans la grange avec mon kit aquaponique indoor. Alors il s’est passé quoi cet hiver?

Du côté de la serre aquaponique

Commençons ce bilan par la serre aquaponique. Malgré ce que l’on pourrait penser, l’hiver n’a pas été si doux que ça et j’ai enregistré des températures de -10°C la nuit à l’extérieur de la serre. Dans la serre, la température minimale a été de -0.4°C. Le fait que mon puisard (« sump tank ») soit enterré y est pour beaucoup car la nuit il restituait de la chaleur dans la serre.

cresson-alenois-aquaponieLes radis et cresson alénois que j’ai semés en début d’hiver m’ont permis de stabiliser le taux de nitrates et le pH  malgré la baisse d’activité des bactéries nitrifiantes due à la faible température. J’ai ainsi pu conserver un pH stable de 7 et un taux de nitrates d’environ 60 ppm. De ce côté c’est plutôt une réussite, je suis relativement satisfait de ces chiffres même si l’hiver prochain je pense adopter la méthode Jean Pain pour ne plus avoir de souci de gel car j’ai eu quelques pertes avec ces températures négatives.
Dans la liste des plantes qui n’ont pas survécu ou ont été endommagées, je nomme mes deux avocatiers, mon poivrier de Californie, quelques aloes vera et quelques plantes d’ornement. Toutes ces plantes ont étés « rectifiées » comme dirait ma voisine Suzanne 🙂

A côté de ça, j’ai eu quelques démêles avec une colonie de pucerons à cause du manque d’insectes auxiliaires durant l’hiver puisque la serre était constamment fermée et que l’accès leur était très limité. Les pucerons sont souvent tentés de coloniser les systèmes aquaponiques ou hydroponiques du fait que l’azote y est disponible à profusion.

Au niveau de l’humidité, j’ai réussi à maintenir les plantes dans un état végétatif correct grâce à l’utilisation d’un ventilateur qui brassait l’air saturé à plus de 90% d’humidité… J’ai eu quelques moisissures mais sans ventilateur je pense que tout aurait moisi. Je pense également que l’hiver prochain je fabriquerai un absorbeur d’humidité avec un seau percé et du gros sel (j’ai les plans dans ma tête, après restera à tester concrètement si cela fonctionne ou non).

Voila pour ce rapide point concernant la serre extérieure. C’était ma première année avec cette serre ACD et je ne suis pas déçu, juste impatient de pouvoir relancer la machine et produire à nouveau des tomates, du poivron et du basilic. J’ai d’ailleurs commencé à réaliser mes semis de tomates, poivrons, aubergines et basilic le 14 février dernier.

Du côté du jardin en permaculture

Du côté du jardin, j’ai été relativement sage et n’ai pas trop travaillé. Mis à part du rangement, un peu de désherbage et l’ajout de compost, fumier et BRF, je n’ai pas fait grand chose. Je constate juste que je n’aurai peut-être pas du couvrir mes pieds d’artichauts avec un voile d’hivernage car seuls ceux qui n’étaient pas couverts ont résisté au froid. A mon avis c’est justement ces voiles d’hivernage qui les ont achevés; trop d’humidité, moisissures et peu de ventilation. L’hiver prochain je ne les couvrirai pas ou alors je le ferai différemment.

J’ai continué à avancer sur mon bassin extérieur et  je pense qu’il sera fini pour le printemps, il ne me reste plus qu’à trouver de belles plantes aquatiques, finir la cascade du bassin et à ramener encore quelques brouettes de pierres pour bien finir le contour. Les poissons s’y développent bien, ils ont l’air heureux et je n’ai pas eu de mort depuis qu’ils sont dans le bassin. Il faudra aussi que je pense à faire un débord qui bloque les poissons mais pas l’eau car il pleut beaucoup et que j’ai peur que le bassin ne se mette à déborder avec le temps lors de grosses pluies.

Mon essai de culture de pomme de terre sur couche chaude en hiver a été un échec. Ça partait pourtant bien mais un soir j’ai oublié de recouvrir les pots contenants les pommes de terres et elles ont gelé durant la nuit. C’est dommage car cette expérience semblait bien commencer: en janvier j’avais de belles pousses de pomme de terre et j’y croyais vraiment…

vers-de-terre-permacultureCôté vie du sol et vers de terre c’est la folie! Je prends un malin plaisir à examiner la composition du sol de mes buttes et planches de culture dès que j’ai l’occasion d’y planter quelque chose. On m’avait dit que le sol mettait parfois des décennies à retrouver vie et là je suis vraiment très très satisfait de ce retour de la vie. A chaque poignée de terre, je compte 5 ou 6 vers et des dizaines d’insectes et c’est un vrai plaisir! (parfois je leur parle aussi, oui, oui…).
Cette année les vers resteront dans le sol, je ne nourrirai plus mes poissons avec depuis que j’ai compris leur valeur dans un jardin potager.
Je laisse même un peu de répit aux limaces, c’est pour dire à quel point la permaculture m’envahit 🙂
Le seul point où je n’ai pas été très perma c’est d’avoir continué à piéger les rats et rongeurs qui pullulent dans le village malgré les campagnes de dératisation de plusieurs organismes régionaux (nous sommes infestés de rongeurs depuis que les agriculteurs n’ont plus vraiment le droit de dératiser comme ils le faisaient avant. Désormais il faut laisser le temps à la nature de se réguler mais en attendant je régule moi même sinon je risque de ne pas manger grand chose durant les beaux jours). Seigneur, prend pitié de moi steuplééé! :p

Du côté du FishPlant en intérieur

Finissons ce bilan hivernal avec le kit FishPlant que j’ai installé dans ma vieille grange. Pour être franc, les résultats ne sont pas ceux que j’attendais car je m’y suis mal pris. J’ai agi dans la précipitation et j’ai semé un peu tout et n’importe quoi car je voulais pouvoir vous montrer rapidement le rendu en vidéo. C’est ainsi que j’ai commis ma plus grosse erreur: planter des fraisiers qui venaient de l’extérieur et qui étaient sans doute peuplés de quelques pucerons… quelle erreur n’ai-je pas fait là!
Je passe donc le plus clair de mon temps à écraser les pucerons à la main ou à concocter des cocktails de pulvérisations qui me permettraient d’en finir avec eux. J’ai tout tenté: purins d’orties, absinthe, huile d’olive, savon noir, citron, huiles essentielles de lavande, de menthe poivrée, de thym et j’en passe. Le problème c’est qu’à force de les tuer, je me suis retrouvé avec des pucerons mutants qui résistent même à mes œillets d’inde, mes pieds de lavande et mon thym. Je les vois même coloniser ces plantes qui d’ordinaire les foudroient ou les repoussent!
La nature a créé d’elle même une espèce très très résistante à mes attaques quotidiennes. Si je n’arrive pas à m’en défaire, je crois que je tenterai le pyrèthre en dernier recours, en prenant bien soin de ne pulvériser que sur les feuilles et en très petites quantités pour qu’il n’y ait pas de retombées dans le substrat et dans l’eau du système (le pyrèthre tue les poissons et organismes aquatiques).

fish-plant-apres-vacances-2Malgré ces pucerons j’ai réussi à faire pousser des choux rouges, du thym, du basilic thaï et du basilic grand vert, des tomates naines Red Robin, des petits pois, des haricots, des oeillets d’Inde, des géraniums, de la mâche, des carottes oranges et des carottes blanches, sauge officinale et un pied de poivron. Tous ces plants commencent à se sentir à l’étroit et je me tâte à relancer un autre système à côté pour les y replanter en attendant les beaux jours. A noter que la prochaine fois je ne sèmerai pas d’oignons dans le système aquaponique car ils n’apprécient pas trop les sols azotés, ni l’humidité.

L’autre erreur est d’avoir laissé les plantes végéter par manque d’éclairage durant les deux premiers mois. Je trouvais que ça poussait assez vite à mes yeux pour remettre en question l’éclairage et puis un soir j’ai voulu mettre une lampe HPS 400 Watts à la place de mes néons 4×50 watts et seulement quelques jours après, les plantes avaient pris le double de leur taille!
Les néons c’est donc très bien pour la croissance végétative et germination mais pour la fructification et la floraison, il faut nécessairement des lampes plus puissantes telle que les lampes HPS. Je ne me ferai plus avoir la prochaine fois.

Coté poisson tout va bien, je leur ai même installé un décor pour qu’ils puissent se sentir encore mieux dans leur aquarium. J’ai planté plusieurs espèces de plantes aquatiques qu’un copain de permaculteurs.com m’a gentiment offertes et je leur ai ajouté des graviers ainsi que quelques pierres et racines que j’ai récupérées dans la rivière voisine et dans un aquarium d’un autre copain aquariophile.

Un autre point à évoquer est que j’ai une température assez basse dans la grange. Durant les deux premiers mois de culture, la température était d’une quinzaine de degrés mais avec la lampes HPS, la température remonte doucement aux alentours des 18°C malgré le froid extérieur. Je constate clairement une différence de croissance depuis que la température est plus douce (les pucerons aussi aiment^^).

Sachez que le kit fishplant est en vente en promotion sur la boutique aquaponie.

 

Conclusion

Voilà pour ce petit bilan, j’espère que vous n’aurez pas eu trop de mal à lire ce pavé. Ce que j’en retiens c’est qu’il faut une fois de plus être patient, réfléchir calmement avant d’agir et que c’est en forgeant qu’on devient forgeron 🙂 Je vous ferai également une petite vidéo dans la semaine pour vous parler de mes autres projets en aquaponie. Affaire à suivre!

 

Et vous ça a donné quoi cet hiver? Vous êtes prêts pour le printemps?
A bientôt les amis! 🙂

 

Pierre H.

Tipeee Aquaponie

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